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Il paraît que le chat possède sept vies, voire neuf, c’est selon. Même si celui qui nous intéresse n’est encore pour l’instant qu’un CHATON, il a déjà vécu de multiples réincarnations musicales. Avant d’atteindre une certaine forme de sérénité avec cet album fascinant, justement intitulé POSSIBLE. Parce que oui, à 34 ans, lorsque l’on est chanteur, auteur, compositeur, producteur, il est encore « possible » de réaliser ses rêves artistiques, de toucher au plus près ce pourquoi on s’est toujours battu. C’est une belle histoire, celle de Simon – le prénom de ce drôle de matou. Mais pour que le félin trouve enfin sa voix, le chemin a été sinueux. Très loin, heureusement, de ces autoroutes rapides pour la gloire, construites pour des stars éphémères qui vont se crasher dès le premier caillou jeté sous leurs roues.

 

Lyon, fin des années 1980. Enfant hyperactif, ses parents le mettent au solfège, un peu au hasard, surtout pour le canaliser. Comme tous les gamins, ça le saoule, mais il apprend vite. Et surtout le bagage sera précieux plus tard. Le chanteur l’avoue aujourd’hui : « Difficile d’écrire un livre si l’on n’a jamais lu. C’est pareil pour la musique ». Ses leçons de jeunesse lui fourniront donc la base des subtiles harmonies développées sur Possible. À 10 ans, il fait un peu de piano. Chez lui, on baigne dans la variété, Balavoine, Souchon, et les grands classiques chansons françaises : Barbara, Moustaki, Brel. Il aime. Mais c’est à douze ans qu’il va connaître son premier vrai choc musical. Son frère aîné l’amène à un concert du trio jamaïcain Black Uhuru. Subjugué, il achète le lendemain leur album Sinsemilla. Une pierre fondatrice.

Simon se passionne alors pour le reggae et dans la foulée se met à la guitare. Plus tard, il se plonge dans la nouvelle scène chanson alternative de Mano Solo aux Tête Raides, mais aussi Benjamin Biolay ou Nosfell. Ce qui lui donne de premières envies d’écrire des morceaux en français. Parallèlement à ses multiples découvertes musicales, il accumule les études et les diplômes avec la même curiosité boulimique: anglais, allemand, économie, droit, socio, communication. Et c’est surtout le temps du premier groupe. Car Simon a appris un peu tous les instruments : guitare, basse, claviers. Mélange de chanson et de reggae, son projet recueille tout de suite du succès, d’abord localement puis dans la France entière. Au début des années 2000, il enchaîne disques et concerts, suffisamment pour en vivre. Mais il aspire à un futur différent : écrire pour les autres et notamment des artistes de variété, pour tenter de faire bouger lignes et y glisser de sa sensibilité personnelle.

 

Une idée folle qui le conduit même à créer sa structure pour assurer leur développement de A à Z. La route est pentue, les obstacles sont nombreux. Il a comme l’impression d’être Don Quichotte qui s’attaque à des moulins. Un ras-le- bol s’installe. Comme un symbole il se brise le talon d’Achille et décide en octobre 2016 « d’éteindre le téléphone, de dire non à tout », pour puiser dans sa dizaine d’années d’expérience du milieu musical et réaliser l’album qu’il a toujours voulu faire. Où il élaborera la synthèse de tout ce qu’il lui plaît.

 

Muni d’une unique arme fatale, un micro U87, CHATON (ah oui au fait pourquoi CHATON ? C’est juste le petit nom donné par sa copine et repris par ses potes lorsqu’ils ont envie de se foutre un peu de sa gueule. Et pourquoi en capitales ? Car c’est un chaton qui ne se cache derrière aucune porte) « fait le tri dans ses rêves / parce qu’il n’y plus d’histoires de bifs ». Il se plonge intensément dans le travail pour imaginer ce qui, au début, ne devrait être qu’un EP et qui finira en album. Ce fameux POSSIBLE où Simon est le seul maître à bord, affranchi de toutes contraintes commerciales.

 

Une œuvre sincère, au moins 100% autobiographique. Où au fil de ses textes à la fois ironiques et poignants, en forme de punchlines, on entendra l’écho des (au moins) 6 vies précédentes de CHATON : « J’ai jamais aimé l’argent / je ne suis pas propriétaire / je voulais juste attraper le vent dans mon Tupperware » (J’attends en bas), « Je t’assure c’est pas beau / chanteuse, maman c’est pas beau / c’est n’importe quoi / si tu voyais le niveau / les nouveaux héros / c’est n’importe quoi » (N’importe quoi). « Est-ce que tu as vu l’e-mail où ils voulaient changer à peu près tout / C’est quand même souvent la parole à quelques-uns qui n’ont pas de goût / Y a pas de doute / Pas de doute / Y a quand même des cons, ça fait peur à voir » (Pas de doute). Difficile d’arrêter les citations tant on a l’impression, avec cet album, d’entrer dans la passionnante histoire intime d’un artiste, où la joie jongle avec la peine, portée par la voix sensible mi rappée, mi chantée de Simon, passé maître dans l’utilisation de l’autotune la plus maline que l’on a entendue jusqu’ici. Et l’on n’a même pas encore évoqué la musique de CHATON : un mix irréel entre reggae dub délicat, électronique lascive et chanson futuriste. Dix compositions à la production minimale, mais aux mélodies maximales. Il chante sur Coco : « Mon nom / affiché / Olympia / Complet / J’en rêve / J’en rêve. » Quelque chose nous dit qu’il ne va pas falloir attendre longtemps pour que CHATON voie son rêve se réaliser.

 

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